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Les communications de l'équipe « Je Parie sur l'Ordre »

Le 23 septembre, choisir la reconstruction

Équipe JPSO

11 septembre 2026

Le 23 septembre, choisir la reconstruction

Le renouvellement intégral du Conseil de l’Ordre de Paris constitue une occasion rare : celle de reconstruire une institution profondément fragilisée sans renier ce qu’elle doit continuer à accomplir.

Après deux scrutins annulés, un rapport d’inspection particulièrement sévère et la dissolution du Conseil, personne ne peut raisonnablement considérer l’élection du 23 septembre comme un scrutin ordinal ordinaire.

Mais cette élection ne doit pas davantage devenir un règlement de comptes.

Des conseillers ont consacré du temps, parfois pendant des années, à recevoir leurs confrères, examiner leurs contrats, organiser des conciliations, accompagner des médecins en difficulté ou participer à des opérations judiciaires. Beaucoup ont sincèrement essayé d’accomplir leur mission, quelquefois au sein d’une organisation dont ils ne maîtrisaient ni tous les choix ni tous les dysfonctionnements.

Respecter leur engagement n’oblige toutefois pas à reconstruire l’institution à l’identique.

Notre objectif n’est pas d’effacer le passé, encore moins de juger collectivement ceux qui ont siégé. Il est de tirer les conséquences de ce qui s’est produit et d’introduire des garanties suffisamment solides pour que la confiance ne repose plus seulement sur la bonne volonté des personnes.

Après une dissolution, la responsabilité n’est pas de désigner des ennemis. Elle est de ne pas reproduire les conditions qui ont rendu la crise possible.

Notre liste réunit 28 médecins issus de spécialités, de générations et de modes d’exercice différents : médecine générale et spécialités, exercice libéral, hospitalier, salarié ou mixte, installé ou remplaçant.

Cette diversité n’est pas seulement destinée à remplir une page de présentation.

Un Conseil départemental ne peut pas prendre des décisions adaptées aux médecins parisiens s’il ne connaît pas réellement leurs conditions d’exercice : les difficultés d’installation d’un jeune praticien, les contraintes d’un médecin hospitalier, la solitude d’un libéral, la complexité des sociétés d’exercice, les risques du remplacement ou les difficultés propres aux médecins salariés.

Nous ne prétendons pas être d’accord sur tout. Nous pensons au contraire qu’un Conseil utile doit organiser la confrontation de ces expériences, plutôt que laisser une seule culture professionnelle devenir la norme pour tous.

Il serait facile de promettre un Ordre “moderne”, “proche”, “confraternel” et “transparent”. Toutes les listes utiliseront probablement ces mots, et elles auront raison : ce sont des objectifs légitimes.

Mais la différence ne se fera pas sur les adjectifs. Elle se fera sur la méthode.

Nous prenons des engagements précis :

Publier les comptes, les dépenses principales et les règles d’indemnisation ;

Mesurer les délais d’inscription, de transfert, de remplacement et d’examen des contrats et permettre à chaque médecin de suivre l’avancement de son dossier ;

Déclarer les intérêts et organiser le déport des élus lorsqu’une décision les concerne ;

Structurer une permanence réellement opérationnelle pour les saisies judiciaires ;

Améliorer l’instruction des plaintes et soutenir les médecins confrontés à des procédures manifestement abusives ;

Traiter rapidement les signalements graves et mettre en place la commission pénale prévue par les textes ;

Rendre compte régulièrement des décisions prises et des réformes portées auprès du Conseil national, des ministères et du législateur.

Notre profession de foi repose sur une idée simple : faire du CDOM un Ordre qui conseille avant de sanctionner, accompagne avant de juger et représente réellement tous les médecins parisiens.

Le renouvellement ne signifie pas que l’expérience n’aurait plus de valeur.

Mais l’expérience ne doit jamais devenir un droit de propriété sur l’institution.

Nous voulons recueillir les bonnes pratiques, conserver ce qui fonctionne, écouter les salariés et les conseillers expérimentés, tout en introduisant de nouvelles compétences, de nouveaux outils et une nouvelle culture de responsabilité.

La continuité est nécessaire. L’immobilisme ne l’est pas.

Le Conseil de l’Ordre n’appartient ni à ses dirigeants, ni à ses élus, ni aux organisations qui soutiennent certaines candidatures.

Il appartient, dans son fonctionnement démocratique, à l’ensemble des médecins qu’il représente et qui le financent.

Nous voulons donc ouvrir davantage l’institution : réunions annuelles de restitution, groupes de travail associant des médecins non élus, consultations sur les grandes orientations et publication d’indicateurs permettant à chacun d’évaluer le travail accompli.

Un médecin ne devrait pas découvrir l’activité du Conseil uniquement lorsqu’il reçoit un appel de cotisation ou une convocation.

Nous ne prétendons pas qu’une nouvelle équipe pourra tout modifier en quelques semaines.

Certaines règles sont nationales. Certaines procédures sont inscrites dans la loi. Certaines réformes nécessiteront des négociations longues avec le Conseil national, les administrations et la justice.

Mais nous pouvons immédiatement changer la manière de travailler : mesurer, publier, répondre, expliquer, écouter et rendre compte.

Nous ne nous présentons pas contre des personnes.

Nous nous présentons pour une conception différente du Conseil : plus ouverte, plus réactive, plus protectrice et plus transparente.

Il ne s’agit pas de nier le travail accompli par nos prédécesseurs. Il s’agit de reconnaître qu’après la crise traversée, la confiance ne pourra être reconstruite qu’en changeant suffisamment profondément les règles, les pratiques et la culture de l’institution.

Le 23 septembre, les médecins parisiens auront donc le choix entre plusieurs équipes et plusieurs manières d’envisager l’avenir de leur Ordre.

Nous leur proposons celle du renouvellement, de la diversité et des engagements vérifiables.

Changer ne signifie pas tout détruire. Cela signifie conserver ce qui mérite de l’être, corriger ce qui doit l’être et refuser que la crise traversée ne débouche que sur un retour aux habitudes antérieures.

Après une dissolution, reconstruire la confiance est une obligation. La reconstruire ensemble, sans esprit de revanche mais sans renoncer au changement, est notre engagement.

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Qui doit décider pour les médecins ?

Équipe JPSO

11 septembre 2026

Qui doit décider pour les médecins ?

Nous pouvons détester ce que l’Ordre est devenu ou représente. Mais si nous abandonnons notre institution, d’autres décideront à notre place de ce que doit être un médecin.

La tentation est compréhensible.

Quand une institution paraît lente, opaque, coûteuse ou inutilement tatillonne, la réaction la plus naturelle consiste à dire : “Supprimons-la !” Plus de cotisation, plus de courriers solennels, plus de formulaires absurdes, etc.

Mais supprimer une institution ne supprime jamais les pouvoirs qu’elle exerce : il faudra toujours décider qui peut exercer la médecine, contrôler les qualifications, autoriser les remplacements, examiner les contrats, recevoir les plaintes, protéger le secret médical et déterminer les règles applicables à la profession. Ces missions ne s’évaporeront pas dans un grand nuage de liberté.

Elles seront simplement exercées par quelqu’un d’autre.

Et l’administration, contrairement à une croyance répandue, ne laisse jamais très longtemps une chaise vide.

Le 13 avril 2026, le Conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris a été dissous par le directeur général de l’ARS Île-de-France, sur proposition du Conseil national. Une délégation de quatre médecins, nommée par le directeur général de l’ARS sur proposition du CNOM, a repris provisoirement l’ensemble de ses fonctions.

Cette procédure est prévue par la loi : lorsqu’un conseil départemental se trouve dans l’impossibilité de fonctionner normalement, le directeur général de l’ARS peut le dissoudre. Une délégation désignée assure alors ses missions jusqu’à l’élection d’un nouveau conseil. Si cette délégation disparaît à son tour, les attributions départementales remontent au Conseil national.

Autrement dit, lorsque les médecins ne parviennent plus à faire fonctionner correctement leur propre institution, le pouvoir ne disparaît pas.

Il change juste de mains.

À Paris, pendant plusieurs mois, les médecins n’ont donc plus été représentés par un conseil qu’ils avaient élu, mais par une délégation provisoire nommée dans le cadre d’une procédure administrative. Cette délégation était nécessaire pour maintenir la continuité du service. Ses membres ne sont évidemment pas en cause. Mais le symbole devrait nous alerter : l’autogouvernement professionnel n’est jamais définitivement acquis.

L’Ordre est un organisme de droit privé chargé d’une mission de service public. Ses conseillers départementaux sont des médecins élus par les médecins inscrits dans leur département. Il assume des fonctions administratives, consultatives, juridictionnelles et de conciliation, et doit défendre l’indépendance de la profession.

Cela ne signifie pas qu’il fonctionne toujours bien. L’histoire parisienne vient précisément de démontrer le contraire.

Mais il existe une différence fondamentale entre :

Des règles appliquées par des confrères élus, encore confrontés à la réalité des cabinets, des gardes, des services et des patients ;

Et des règles appliquées exclusivement par une chaîne administrative relevant d’autres priorités, d’autres calendriers et d’autres responsabilités.

Un conseiller ordinal peut comprendre pourquoi trois semaines de retard sur une autorisation de remplacement mettent un cabinet à genoux. Il peut savoir ce que représente une plainte infondée reçue après quinze années d’exercice. Il peut reconnaître une clause contractuelle qui transforme progressivement un médecin en exécutant d’une logique financière.

À condition, bien sûr, que les conseillers élus exercent encore, écoutent leurs confrères et se souviennent qu’ils sont là pour les représenter.

Il ne s’agit pas de caricaturer les agents de l’ARS, de la CPAM ou des ministères. Ils remplissent leurs propres missions, souvent dans des conditions difficiles. Mais une administration raisonne nécessairement avec ses outils : procédures, indicateurs, contrôles, budgets, normes et chaînes de responsabilité.

Une caisse d’assurance maladie cherchera à contrôler les dépenses. Une agence régionale organisera une offre de soins à l’échelle d’un territoire. Un établissement surveillera son activité et son équilibre économique. Un assureur évaluera un risque. Une plateforme cherchera à standardiser les pratiques.

Aucun de ces acteurs n’a exactement la même mission que le médecin : prendre une décision pour un patient singulier, en fonction de son intérêt et des données scientifiques.

Et si un jour une administration (ex : l’ARS) prend le contrôle, ne nous racontons pas d’histoires : nous n’aurons pas gagné en liberté, nous aurons simplement perdu le dernier espace où les médecins pouvaient encore décider pour eux-mêmes.

Le taux de participation aux élections professionnelles est particulièrement faible. Beaucoup de médecins estiment ne pas avoir le temps, ne pas connaître les candidats ou ne pas croire à l’utilité du scrutin.

C’est parfaitement compréhensible. Mais l’abstention n’abolit pas le pouvoir ordinal.

Elle permet simplement à un nombre très restreint de médecins de choisir ceux qui l’exerceront pendant plusieurs années.

Ne pas voter ne signifie donc pas : « Je refuse ce système. »

Cela signifie : “Je laisse d’autres médecins décider de son fonctionnement à ma place.”

Et lorsque les mêmes réseaux votent, se mobilisent et se présentent à chaque scrutin pendant que la majorité soupire de loin, il ne faut pas être surpris de retrouver les mêmes méthodes et les mêmes équilibres.

Il existe donc trois possibilités.

La première consiste à restaurer exactement l’Ordre d’avant, avec les mêmes habitudes, les mêmes équilibres et quelques promesses de modernisation. Après deux élections annulées, un rapport d’inspection et une dissolution, ce choix demanderait un certain goût pour la répétition.

La deuxième consiste à abandonner progressivement l’institution. Les médecins s’en détourneraient, l’Ordre perdrait sa légitimité et ses missions seraient de plus en plus encadrées, surveillées ou reprises par d’autres échelons.

La troisième consiste à reconstruire un Ordre professionnel, démocratique et réellement utile :

dirigé par des médecins encore au contact du terrain ;

représentatif des spécialités et des modes d’exercice ;

transparent dans ses décisions et ses dépenses ;

capable de défendre les confrères ;

suffisamment moderne pour ne plus bloquer leur activité ;

suffisamment ferme pour sanctionner les comportements graves ;

suffisamment indépendant pour résister aux administrations, aux employeurs et aux financeurs.

C’est cette troisième voie que nous défendons.

Nous ne voulons pas préserver une institution par nostalgie. Nous voulons conserver entre les mains des médecins un outil qui peut encore protéger leur indépendance.

Les médecins passent déjà une grande partie de leur vie professionnelle à appliquer des règles conçues par des personnes qui ne soignent pas : nomenclatures, autorisations, indicateurs, protocoles, objectifs budgétaires, conditions de prescription et contraintes numériques.

Certaines sont indispensables. D’autres sont utiles. Quelques-unes sont remarquablement absurdes.

Faut-il vraiment ajouter à cette liste la gestion de notre déontologie, de nos contrats, de nos inscriptions et de nos différends professionnels ?

L’alternative à un Ordre rénové n’est pas un monde merveilleux dans lequel chaque médecin exercerait librement, délivré de toute contrainte.

L’alternative, c’est davantage de décisions prises par les administrations, davantage de procédures standardisées, davantage de contrôles et moins de médecins autour de la table.

Et lorsque les médecins ne sont plus autour de la table, ils découvrent généralement assez vite qu’ils figurent au menu.

Notre profession de foi le résume ainsi : “Si les médecins ne font pas vivre eux-mêmes leur institution, d’autres finiront par décider à leur place !”

Ce n’est pas une formule électorale.

À Paris, cela vient littéralement de se produire.

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FakeMed : pourquoi l’Ordre devrait-il s’en mêler ?

Dr Lamia Kerdjana

5 septembre 2026

FakeMed : pourquoi l’Ordre devrait-il s’en mêler ?

Parce que lorsqu’une pratique médicale douteuse se développe, ce ne sont pas seulement les médecins qui sont concernés. Ce sont aussi les patients.

Alors, que peut réellement faire un Conseil départemental de l’Ordre ? Surveiller. Faire remonter. Agir.

Pas pour censurer les opinions. Pas pour décider de ce qu’il faut penser. Mais pour défendre une médecine éthique, rigoureuse et fondée sur les preuves.

👉 C’est précisément ce que nous proposons pour l’Ordre de Paris.

Et vous, pensez-vous que l’Ordre doit davantage agir contre les dérives FakeMed ?

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Protéger les patients sans abandonner les médecins

Équipe JPSO

4 septembre 2026

Protéger les patients sans abandonner les médecins

Un Ordre crédible doit savoir protéger. Protéger les patients contre les comportements graves, et protéger les médecins contre l’arbitraire, l’isolement et les accusations infondées.

Pendant trop longtemps, l’Ordre a été caricaturé de deux manières opposées.

Pour certains, il serait une organisation corporatiste, prompte à refermer les rangs lorsqu’un médecin est mis en cause. Pour d’autres, il serait devenu une administration disciplinaire froide, qui transmet mécaniquement les plaintes et laisse les praticiens se débrouiller seuls pendant des mois.

Ces deux modèles sont mauvais.

Protéger les médecins ne consiste pas à couvrir l’indéfendable. Mais protéger les patients ne consiste pas davantage à considérer chaque médecin comme un coupable en puissance.

Le véritable enjeu est celui du discernement : savoir agir immédiatement lorsqu’un danger sérieux apparaît, sans transformer chaque mécontentement, chaque maladresse administrative ou chaque désaccord ordinaire en affaire disciplinaire.

Violences sexuelles, maltraitance, escroquerie, exercice malgré une interdiction, falsification, mise en danger répétée des patients : lorsqu’un signalement concerne des faits graves, il ne doit jamais se perdre dans une boîte mail, être traité comme un courrier ordinaire ou attendre plusieurs mois qu’une commission se réunisse.

Nous proposons de mettre en placeune commission dédiée aux affaires pénales et aux signalements graves, comme cela est déjà prévu par la Loi, associant des conseillers formés, des juristes et, lorsque cela est nécessaire, des avocats.

Sa mission serait claire : centraliser les informations reçues, faire le lien avec les autres CDOM et le CNOM (actuellement les informations ne suivent pas correctement), vérifier leur traitement, suivre les procédures en cours et s’assurer qu’aucune condamnation ou interdiction d’exercer ne reste sans conséquence ordinale. Elle ne se substituerait ni à la justice pénale ni à la juridiction disciplinaire et ne déclarerait personne coupable. Elle garantirait simplement qu’une information grave entraîne une réponse documentée, traçable et proportionnée.

Lorsqu’un danger grave et immédiat pour les patients est identifié, le droit permet déjà au directeur général de l’ARS de suspendre provisoirement l’exercice d’un médecin, pour une durée maximale de cinq mois. Le CDOM doit donc disposer d’un circuit d’alerte directe avec l’ARS et ne pas attendre passivement l’issue, parfois très lointaine, d’une procédure pénale.

Protéger les médecins suppose aussi cela : ne pas laisser quelques situations graves jeter le discrédit sur toute une profession.

À l’autre extrémité du spectre, il faut avoir le courage de dire que de nombreux médecins sont sollicités, inquiétés ou poursuivis pour des griefs qui ne relèvent manifestement pas d’une faute déontologique sérieuse.

Un patient n’a pas obtenu le certificat qu’il demandait. Un arrêt de travail a été refusé. Un rendez-vous a été annulé. Le médecin n’a pas répondu assez vite à un courriel. Il n'y avait pas assez de papier toilettes. Le papier peint était moche. Une famille conteste une décision médicale. Un confrère transforme un conflit commercial en conflit déontologique. Un employeur utilise une plainte ordinale comme moyen de pression. Une procédure familiale ou prud’homale se prolonge artificiellement devant l’Ordre.

L'Ordre ne doit pas être le prolongement des avis Google.

Toutes ces situations méritent parfois une explication, une médiation ou une orientation. Elles ne méritent pas nécessairement plusieurs mois d’angoisse, des dizaines de pages de mémoire et la mobilisation d’une juridiction. Parfois, il s'agit d'une demande de réparation pécuniaire, alors que l'Ordre n'a pas vocation à verser des dommages et intérêts (c'est le rôle du Tribunal civil ou administratif).

Pourtant, le cadre actuel laisse peu de possibilités au Conseil départemental. Lorsqu’une plainte formelle est enregistrée, il doit légalement convoquer les parties en conciliation dans un délai d’un mois. Si la conciliation échoue (et pour ça il suffit que le plaignant ou le médecin… ne se présente pas), il transmet la plainte à la chambre disciplinaire avec son avis motivé, dans les trois mois suivant son enregistrement. Et là les délais atteignent des sommets (12 à 18 mois…).

Le CDOM ne dispose donc pas d’un véritable pouvoir général de classement des plaintes manifestement infondées. La loi crée ce problème mais cela ne justifie pas que l’on s’en accommode.

Nous voulons porter une réforme permettant une instruction préliminaire contradictoire des plaintes. Avant d’engager une procédure complète, une formation distincte examinerait quelques questions simples :

Les faits sont-ils suffisamment précis ?

Relèvent-ils réellement de la déontologie médicale ? Ou bien s'agit-il d'une procédure pour obtenir des dommages et intérêts ?

Le litige relève-t-il plutôt d’une demande d’indemnisation, d’un conflit contractuel ou d’une contestation administrative ?

Une explication pourrait-elle résoudre le problème ?

Cette formation pourrait proposer le classement motivé d’une plainte manifestement irrecevable, répétitive ou dépourvue d’éléments, sous le contrôle d’une voie de recours garantissant les droits du plaignant.

Il ne s’agit pas de fermer la porte aux patients. Il s’agit de leur donner la bonne porte.

Une personne recherchant une indemnisation doit être orientée vers la commission de conciliation et d’indemnisation ou la juridiction compétente. Une personne demandant des explications doit pouvoir les obtenir sans devoir nécessairement réclamer une sanction. Une plainte concernant un danger grave doit, à l’inverse, être immédiatement priorisée.

Aujourd’hui, tout entre dans le même tuyau. C’est inefficace pour les patients, injuste pour les médecins et dangereux pour les affaires véritablement sérieuses.

Nous n’attendrons pas une modification de la loi pour améliorer ce qui peut déjà l’être.

Dès la réception d’un courrier, le CDOM doit distinguer clairement une demande d’information, une doléance, une demande de conciliation, un signalement et une plainte disciplinaire. Trop de procédures naissent parce que les mots ne sont pas expliqués et que le plaignant ne mesure pas toujours les conséquences de sa démarche.

Si les faits sont préoccupants, le CDOM doit s’associer à la plainte et en expliquer les raisons. S’ils ne paraissent pas caractériser de manquement, il doit le dire tout aussi clairement. La transmission obligatoire ne doit pas devenir une manière de ne jamais prendre position.

Nous proposons également que chaque plainte bénéficie d’une qualification juridique initiale, d’une chronologie lisible et d’un dossier numérique structuré. Les éléments incontestés seraient séparés des affirmations non étayées. Les éventuelles procédures parallèles seraient identifiées. Les conseillers pourraient ainsi se prononcer sur des faits, plutôt que sur des impressions ou sur celui qui écrit le courrier le plus véhément.

Pour un médecin, recevoir une plainte ordinale est rarement anodin.

Même lorsqu’il sait n’avoir commis aucune faute, il peut craindre pour sa réputation, son droit d’exercer et l’avenir de son activité. Il relit chaque phrase de son dossier, s’interroge sur chacune de ses décisions et passe parfois des mois à attendre une réponse.

Cette attente constitue déjà une épreuve. Elle devient profondément injuste lorsque personne ne lui explique la procédure ou lorsqu’il découvre les étapes au fur et à mesure.

Tout médecin mis en cause devrait disposer immédiatement :

d’un document expliquant clairement la procédure et ses droits ;

d’un calendrier prévisionnel ;

d’un interlocuteur identifié ;

d’un accès facilité à un conseil juridique ;

d’une orientation vers son assureur ou sa protection juridique ;

d’un soutien confraternel et psychologique lorsqu’il le demande.

Accompagner un médecin ne signifie pas préjuger de l’issue de la plainte. Le respect de la présomption d’innocence et le soutien humain ne sont pas des obstacles à la recherche de la vérité. Un Ordre digne de ce nom ne devrait jamais envoyer une convocation inquiétante puis disparaître pendant plusieurs mois.

Chaque heure passée à instruire une plainte manifestement instrumentalisée est une heure qui n’est pas consacrée à une situation de violence, à un médecin en détresse ou à un patient réellement exposé. Il faut donc sortir de cette étrange organisation dans laquelle les dossiers les plus bruyants prennent parfois le pas sur les dossiers les plus graves.

Nous proposons un système de priorisation reposant sur des critères publics : danger immédiat, vulnérabilité de la victime, répétition des signalements, risque de destruction de preuves, poursuite de l’activité et existence d’une procédure pénale ou administrative parallèle.

Les délais de traitement seraient publiés séparément pour les signalements graves, les plaintes ordinaires et les demandes de conciliation. Le Conseil rendrait compte chaque année du nombre de dossiers reçus, transmis, conciliés, soutenus ou accompagnés d’une association du CDOM.

Cette traçabilité protégerait tout le monde : les patients, les médecins et les conseillers ordinaux eux-mêmes.

Nous refusons aussi bien l’Ordre qui ferme les yeux sur des faits graves que celui qui fait perdre six mois de sommeil à un médecin pour une virgule dans un certificat ou parce qu’il a refusé une demande injustifiée.

Un Conseil départemental réellement protecteur doit savoir dire trois choses :

“Ces faits sont graves : nous allons agir.”

“Ce conflit peut être résolu : nous allons vous aider.”

“Cette accusation ne relève manifestement pas d’un manquement déontologique : nous allons le dire clairement et soutenir le médecin injustement mis en cause.”

Cette capacité de discernement ne relève pas de la complaisance. Elle est la condition même d’une justice ordinale crédible.

Conseiller avant de sanctionner ne signifiera jamais couvrir. Mais sanctionner les comportements graves ne nous obligera jamais à abandonner les médecins aux plaintes abusives, aux procédures absurdes et au harcèlement.

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Avant de voter, regardons le bilan

Dr Lamia Kerdjana

2 septembre 2026

Avant de voter, regardons le bilan

Quatre élections en moins de deux ans. Deux annulations. Une dissolution. Et 600 000 € de cotisations de médecins mobilisées dans ces différentes élections.

Derrière ces chiffres, il y a une réalité : une institution qui a perdu du temps, de l’énergie et une partie de la confiance de ceux qu’elle est censée représenter.

👉 Quel bilan pour le Bureau sortant ? Et quelle garantie avons-nous que les mêmes erreurs ne se reproduiront pas ?

À Je Parie sur l’Ordre, nous ne vous demandons pas de nous croire sur parole.

Nous préférons vous montrer ce que nous avons déjà fait.

La transparence, par exemple, n’est pas un engagement de campagne apparu aujourd’hui. C’est un engagement que certains d’entre nous portent depuis longtemps.

J’avais fait de la transparence du fonctionnement ordinal un engagement. Et alors même que je n’étais pas en position dirigeante, j’ai choisi d’informer, de partager et de rendre compte de ce qui se passait au quotidien au Conseil de Paris à travers mes publications.

Parce que nous pensons qu’un élu ordinal doit rendre des comptes à ceux qui l’ont élu.

Ce que nous avons promis, nous l’avons déjà fait.

Aujourd’hui, nous voulons aller plus loin : avec une équipe renouvelée, une méthode différente et une exigence d’exemplarité qui ne doit pas être un slogan, mais une pratique.

Mais pour aller plus loin, encore faut-il avoir les moyens d’agir. Et ces moyens, c’est vous qui pouvez nous les donner.

👉 En nous donnant le plus de voix possible, vous donnez à notre équipe les moyens de devenir titulaire et de porter concrètement ce changement au sein du Conseil.

Chaque voix compte.

📅 Avant le 23 septembre, informez-vous. Comparez. Puis votez.

🗳️ Votez pour la liste Je Parie sur l’Ordre.

Parce que l’Ordre sera ce que nous en ferons.

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Des engagements concrets, des résultats mesurables

Équipe JPSO

1 septembre 2026

Des engagements concrets, des résultats mesurables

Promettre, c’est facile. Accepter d’être jugé sur ce qu’on aura réellement fait, c’est autre chose.

Pour nous, un Ordre efficace ne doit pas seulement multiplier les bonnes intentions. Il doit pouvoir dire aux médecins :

⏱️ Voici les délais auxquels nous nous engageons.

📂 Voici comment vos dossiers seront suivis.

⚖️ Voici les services que nous voulons rendre réellement opérationnels.

📊 Voici les indicateurs qui permettront de mesurer la qualité du service rendu.

Parce qu’un mandat ne devrait pas être une parenthèse entre deux élections. Il doit être évaluable.

Nous voulons donc un Ordre qui rende compte de ce qu’il fait, de ses délais, de ses résultats et, lorsque les objectifs ne sont pas atteints, de ce qu’il met en œuvre pour les corriger.

Parce que la confiance ne se décrète pas. 🤝 Elle se construit et elle se mesure.

C’est aussi cela, pour nous, la responsabilité : ne pas demander aux médecins de croire sur parole, mais leur donner les moyens de juger sur pièces.

🎯 Des engagements concrets. Des résultats mesurables. Et surtout, un Ordre qui accepte d’être à la hauteur de ses responsabilités.

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Une institution financée par les médecins doit rendre des comptes aux médecins

Équipe JPSO

25 août 2026

Une institution financée par les médecins doit rendre des comptes aux médecins

La cotisation ordinale est obligatoire. La transparence doit l’être aussi.

Chaque médecin verse une cotisation à l’Ordre. Il ne choisit ni d’y adhérer ni de financer l’institution : cette contribution est la contrepartie nécessaire de missions indispensables à l’exercice de la médecine.

Cette obligation crée une exigence particulière. L’argent des médecins ne peut pas être géré comme celui d’un cercle privé, selon des habitudes connues seulement de quelques initiés. Les médecins doivent savoir comment leur cotisation est utilisée, qui décide des dépenses, selon quelles règles et avec quels résultats.

Le rapport de l’Inspection générale des finances publié en mars 2026 a précisément relevé, au sein de l’institution ordinale et particulièrement à Paris, des faiblesses de gouvernance, de contrôle des dépenses, de justification de certains frais et de pilotage. Le Conseil national a contesté une partie des constats et affirmé avoir engagé des réformes. Mais le débat lui-même démontre une chose : la transparence ne peut plus dépendre des explications données après la crise. Elle doit être organisée avant celle-ci, de manière permanente et vérifiable.

Présenter des comptes à une commission ou déposer un bilan ne suffit pas. Encore faut-il que les médecins puissent réellement comprendre ce qu’ils financent.

Nous proposons la publication annuelle d’un rapport financier accessible, présentant notamment :

la part de la cotisation revenant au Conseil parisien ;

les dépenses par grandes missions : inscription, contrats, plaintes, entraide, représentation, informatique, communication et immobilier ;

les indemnités de fonction et remboursements de frais ;

les principaux achats et prestataires ;

le niveau des réserves, leur placement et leur utilisation ;

les écarts entre le budget voté et les dépenses réellement engagées.

Il ne s’agit pas de mettre en ligne des centaines de pages illisibles ou des justificatifs contenant des informations personnelles. Il s’agit de publier quelques tableaux clairs, accompagnés d’explications simples : combien avons-nous reçu, combien avons-nous dépensé, pour quoi faire et avec quel résultat ?

Le détail comptable complet devrait rester consultable par les médecins qui souhaitent aller plus loin, dans le respect des obligations légales et de la protection des données.

Les conseillers ordinaux consacrent du temps à une mission exigeante. Qu’ils soient indemnisés ou remboursés de frais réellement engagés n’a rien de choquant.

Ce qui serait choquant, ce serait l’absence de règles lisibles, de justificatifs ou de contrôle.

Nous proposons un règlement financier public précisant :

les fonctions pouvant donner lieu à indemnisation ;

les montants et plafonds applicables ;

les conditions de remboursement des déplacements, repas et représentations ;

les personnes autorisées à engager une dépense ;

les modalités de contrôle et de validation.

Un récapitulatif annuel des indemnités et frais serait publié, par fonction et dans le respect du cadre applicable. Lorsqu’on gère une cotisation obligatoire, expliquer comment l’argent est utilisé ne devrait jamais être vécu comme une suspicion personnelle : c’est une règle de bonne gouvernance.

La transparence ne peut pas être seulement financière.

Un Conseil peut présenter des comptes parfaitement réguliers tout en laissant dormir pendant des semaines des inscriptions, des transferts, des contrats ou des plaintes. Or les médecins ne financent pas seulement une structure : ils financent un service.

Nous voulons donc publier chaque trimestre un tableau de bord comprenant :

le délai médian d’inscription ;

le délai de transfert d’un dossier ;

le délai de délivrance des autorisations de remplacement ;

le délai d’examen des contrats ;

le nombre de dossiers en attente et leur ancienneté ;

le délai d’organisation des conciliations ;

le délai de traitement des signalements ;

le taux de réponse aux appels et aux courriels ;

le nombre de demandes d’entraide reçues et effectivement orientées.

Un délai moyen peut également masquer quelques situations catastrophiques. Nous proposons donc de publier à la fois le délai médian et celui dans lequel 90% des dossiers sont traités. Les médecins sauront ainsi non seulement comment fonctionne le service en général, mais aussi combien de dossiers restent anormalement bloqués.

La transparence doit également être individuelle. Lorsqu’un médecin dépose une demande, il devrait recevoir :

un numéro de dossier ;

le nom ou la fonction de son interlocuteur ;

la confirmation que son dossier est complet ;

une estimation du délai de traitement ;

l’historique des étapes réalisées ;

une procédure d’escalade lorsqu’aucune réponse n’est apportée dans le délai annoncé.

Il n’est plus acceptable d’entendre pendant plusieurs semaines : « Votre dossier est en cours », sans savoir où il se trouve, ce qui manque ou qui doit prendre la décision.

Ces outils existent dans la banque, l’assurance, la justice administrative et de nombreux services publics. Une institution médicale financée par plus de cotisations ne peut pas rester moins traçable qu’un colis postal.

Toutes les discussions ordinales ne peuvent pas être publiques. Les plaintes, l’entraide et les situations individuelles sont couvertes par la confidentialité. Mais cette confidentialité ne justifie pas que les médecins ignorent les orientations prises en leur nom.

Une fois par an, une réunion ouverte aux médecins parisiens permettrait de présenter les comptes, les résultats, les difficultés rencontrées et les projets de réforme. Les questions pourraient être adressées en amont ou posées directement, avec publication ultérieure des réponses.

Un mandat ordinal ne devrait pas donner cinq ou six années de silence entre deux professions de foi.

La transparence ne peut pas dépendre exclusivement de ceux qu’elle est censée contrôler. Nous proposons une procédure confidentielle permettant aux salariés et conseillers de signaler une irrégularité.

Les alertes ne devraient plus dépendre du courage isolé d’une personne, ni attendre qu’une inspection extérieure découvre plusieurs années plus tard ce qui aurait pu être corrigé immédiatement.

Le Conseil départemental ne décide pas du montant global de la cotisation, de sa répartition entre les différents échelons de l’Ordre ni de toutes les règles comptables applicables. Certaines évolutions nécessitent une décision du Conseil national, un texte réglementaire ou une modification de la loi.

Nous ne prétendrons donc pas pouvoir tout changer depuis Paris.

En revanche, nous pouvons :

saisir le Conseil national ;

rencontrer les parlementaires et les ministères ;

rendre publiques nos propositions et les réponses reçues.

Lorsque nous n’aurons pas le pouvoir juridique de décider, nous aurons toujours le devoir de proposer et d’agir.

Toutes les listes parleront de transparence. La différence se fera sur la précision des engagements. Nous proposons qu’au cours des cent premiers jours soient publiés :

le budget du Conseil ;

le règlement relatif aux frais et indemnités ;

les déclarations d’intérêts des responsables ;

la liste des principaux contrats en cours ;

les premiers indicateurs de délai ;

le calendrier de publication des comptes rendus et tableaux de bord.

Dans les six mois suivraient la mise en place d'un portail de suivi des dossiers, d'une procédure d’alerte interne et le lancement d’un audit indépendant.

La crise du Conseil parisien a montré que les bonnes intentions et la confiance personnelle ne suffisent pas. Une institution solide ne repose pas sur la vertu supposée de ses dirigeants. Elle repose sur des règles qui s’appliquent à tous, aujourd’hui comme demain.

La transparence n’est pas une faveur accordée par ceux qui dirigent. C’est un droit dû à ceux qui financent.

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Pourquoi le Conseil de l’Ordre de Paris a-t-il été dissous ?

Équipe JPSO

18 août 2026

Pourquoi le Conseil de l’Ordre de Paris a-t-il été dissous ?

La dissolution d’un Conseil départemental de l’Ordre est une mesure exceptionnelle. Pour comprendre l’élection du 23 septembre, il faut comprendre comment Paris en est arrivé là.

Le 13 avril 2026, le directeur général de l’ARS Île-de-France a prononcé la dissolution du CDOM de Paris, sur proposition du Conseil national. Une délégation provisoire de quatre médecins a été chargée d’en assurer les missions jusqu’à l’élection d’un nouveau conseil.

Une telle décision ne signifie pas simplement qu’une équipe a été battue ou qu’une majorité a perdu la confiance de ses électeurs. Elle signifie que l’institution a été considérée comme ne pouvant plus fonctionner normalement.

La crise n’est pas née avec le rapport de l’Inspection Générale des finances.

Le scrutin du 11 février 2024 a d’abord été annulé par le tribunal administratif de Paris, le 10 mai 2024, en raison du refus illégal d’enregistrer une candidature. Le Conseil devait alors organiser une nouvelle élection dans un délai de six mois.

Une nouvelle élection a donc eu lieu le 20 octobre 2024 et, elle aussi, a été annulée par le tribunal administratif le 4 avril 2025. Parmi les éléments examinés figuraient notamment la circulation de bulletins préremplis et déjà cachetés, les conditions d’acheminement du matériel électoral et les mentions portées au procès-verbal. La Cour administrative d’appel a ensuite refusé de suspendre l’annulation, considérant qu’aucun des arguments présentés par le CDOM ne paraissait suffisamment sérieux à ce stade.

Si deux annulations consécutives ne suffisent pas à elles seules à résumer toute l’histoire du CDOM de Paris, elles ont néanmoins durablement fragilisé sa légitimité et désorganisé son fonctionnement.

L’Inspection générale des finances a contrôlé l’Ordre des médecins entre septembre et octobre 2025. Son rapport ne porte pas uniquement sur Paris : il examine le fonctionnement de l’institution ordinale dans son ensemble, notamment le Conseil national et plusieurs conseils départementaux.

Concernant Paris, les termes employés sont particulièrement sévères. L’IGF décrit une “gouvernance opaque”, des “dysfonctionnements structurels” et des “défaillances importantes du conseil dans l’accomplissement de ses missions”. Elle constate également une dégradation du service rendu aux médecins comme aux patients, ainsi qu’un “retard substantiel” dans le traitement des demandes de transfert, susceptible de compromettre l’exercice des praticiens.

Le ministère a par ailleurs fait état d’indemnités et de défraiements insuffisamment justifiés, de dépenses insuffisamment contrôlées, de faiblesses dans le pilotage des ressources et de manquements aux règles de la commande publique. Il a surtout relevé des défaillances disciplinaires : certains signalements ou certaines condamnations pénales graves n’auraient pas reçu de suites appropriées, ou auraient été traités dans des délais incompatibles avec la protection des patients et des praticiens. L’IGF a saisi la Procureure de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale.

Ce sont des constats graves. Ils ne peuvent être ni minimisés ni balayés d’un revers de main.

Il faut cependant restituer l’ensemble du débat.

Le Conseil national affirme avoir reçu les préconclusions de l’IGF le 29 janvier 2026, puis avoir adressé, le 13 mars, des observations qu’il qualifie d’”argumentées, précises et documentées”. Selon son président, ces observations n’auraient pas été intégrées au rapport final. Le CNOM reconnaît certains manquements, mais conteste également ce qu’il considère comme des approximations, des interprétations ou des conclusions insuffisamment contextualisées.

Le bureau du CDOM de Paris a lui aussi présenté des explications avant le vote du Conseil national sur sa dissolution, notamment à propos de certaines dépenses mises en cause.

Ces réponses doivent être entendues et auraient due être rendues accessibles car dans les documents publics disponibles, elles ne sont pas confrontées point par point aux conclusions de l’IGF, ce qui empêche les médecins de se faire une opinion pleinement éclairée sur chaque grief.

La dissolution constitue une décision administrative sur le fonctionnement d’une institution. Elle ne vaut pas condamnation pénale individuelle et ne permet pas de désigner collectivement tous ceux qui ont siégé au CDOM comme responsables des mêmes faits.

Il serait aussi profondément injuste de réduire l’ensemble du Conseil à quelques pratiques, quelques dirigeants ou quelques décisions.

Des conseillers ordinaux ont consacré du temps à recevoir des confrères, examiner des contrats, organiser des conciliations, participer à des saisies judiciaires ou accompagner des médecins en difficulté. Beaucoup ont essayé d’accomplir leur mandat du mieux possible, parfois dans une organisation qu’ils ne dirigeaient pas et dont ils ne maîtrisaient ni tous les circuits ni toutes les décisions.

Mais cette réalité ne peut pas servir d’excuse collective.

Une institution peut compter des personnes de bonne volonté et néanmoins dysfonctionner gravement. Elle peut contenir des élus honnêtes et travailleurs tout en laissant s’installer une gouvernance opaque, des pratiques contestables ou une culture dans laquelle les alertes ne sont pas suffisamment entendues.

Le sujet n’est donc pas de juger les intentions de chaque conseiller. Le sujet est de constater que, collectivement, le système n’a pas su empêcher les dérives, corriger les dysfonctionnements ni rétablir suffisamment rapidement la confiance.

Il serait enfin trop confortable de présenter le CDOM de Paris comme une anomalie isolée dont la dissolution aurait réglé le problème.

Le rapport de l’IGF portait sur l’Ordre des médecins dans son ensemble. Il mettait également en cause le pilotage national, le contrôle des ressources, l’harmonisation des pratiques et l’articulation entre les différents échelons de l’institution. Le ministère a lui-même demandé que soient clarifiées les responsabilités respectives des conseils départementaux et du Conseil national, afin de supprimer les “zones d’angle mort” du système ordinal.

Pourtant, la réponse institutionnelle la plus immédiate et la plus visible a été la dissolution du seul Conseil de Paris.

Dire que le CDOM 75 a servi de fusible relève donc d’une lecture politique, mais elle n’est pas dénuée de fondement : Paris concentrait incontestablement des dysfonctionnements graves et une crise électorale devenue intenable, mais sa dissolution a aussi permis d’apporter une réponse spectaculaire à des problèmes qui dépassaient très largement ses murs.

Cela ne disculpe pas le Conseil parisien. Cela signifie simplement que sa dissolution ne saurait dispenser l’ensemble de l’Ordre de se réformer.

Il faut donc résister à deux récits également simplistes.

Le premier consisterait à dire que tout allait bien, que l’IGF s’est trompée et que la dissolution n’est qu’une injustice. Les deux annulations électorales, les retards constatés et la gravité des défaillances relevées rendent cette position difficilement soutenable.

Le second consisterait à présenter tous les anciens conseillers comme appartenant à un système homogène et coupable. Ce serait faux, injuste et contraire à la réalité humaine de cette institution.

Mais reconnaître cette complexité ne doit pas conduire à l’immobilisme. Les bonnes volontés individuelles n’ont pas suffi à empêcher la crise. Les corrections internes n’ont pas suffi à rétablir la confiance. Et les problèmes identifiés dépassent manifestement quelques erreurs ponctuelles.

L’élection du 23 septembre ne doit donc être ni un tribunal populaire ni une opération de communication.

Elle doit permettre une reconstruction.

Une reconstruction qui respecte ceux qui ont sincèrement servi l’institution, mais qui accepte aussi une évidence : après deux élections annulées, un rapport d’inspection aussi sévère et une dissolution, un vent de changement est nécessaire.

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À quoi ressemblerait un Ordre réellement utile aux médecins ?

Équipe JPSO

11 août 2026

À quoi ressemblerait un Ordre réellement utile aux médecins ?

Dans les moments difficiles, un médecin ne devrait jamais se demander si l’Ordre est là pour l’aider … ou pour le juger.

Un Ordre utile ne se reconnaît pas à la solennité de ses discours, mais à ce qui se passe lorsqu’un médecin décroche son téléphone parce que son installation est bloquée, qu’un contrat l’inquiète, qu’une plainte lui tombe dessus, qu’il subit un harcèlement ou qu’il ne parvient plus à exercer.

Le Conseil départemental ne peut pas tout régler : certaines procédures sont fixées par la loi. D’autres dépendent de la CPAM, de l’ARS, de l’employeur, des juridictions, du Conseil national ou du législateur.

Mais être élu à l’Ordre ne consiste pas seulement à administrer docilement les règles existantes. C’est aussi identifier celles qui ne fonctionnent plus, construire des solutions, interpeller les pouvoirs publics et obtenir leur évolution.

Un transfert ordinal qui n’aboutit pas, une inscription qui reste sans réponse ou une autorisation de remplacement retardée peuvent empêcher un médecin de commencer à travailler. La loi accorde au Conseil départemental jusqu’à trois mois pour statuer sur une demande complète d’inscription. Ce délai constitue un maximum légal : il ne devrait pas constituer un objectif de fonctionnement !

Nous proposons un suivi numérique simple de chaque dossier, avec un interlocuteur identifié, la liste précise des pièces manquantes, une date prévisionnelle de traitement et un système d’alerte lorsqu’aucune action n’a été réalisée pendant plusieurs jours.

Le Conseil devrait publier chaque trimestre ses délais réels : inscription, transfert, remplacement, modification de situation. La transparence ne consiste pas seulement à publier des comptes. Elle consiste aussi à dire combien de temps un médecin attend avant d’obtenir une réponse.

Les médecins doivent communiquer à l’Ordre les contrats conclus dans le cadre de leur activité. Ils peuvent également lui transmettre leurs projets avant signature afin d’obtenir des observations. Pour certains contrats, le Conseil dispose légalement d’un mois pour répondre.

Mais recevoir un avis plusieurs semaines après la signature d’un bail, d’un contrat de clinique ou des statuts d’une société n’a qu’un intérêt limité. Le véritable service consiste à détecter avant l’engagement une clause de non-concurrence excessive, une répartition déséquilibrée des responsabilités, une atteinte à l’indépendance professionnelle ou une condition de sortie dangereuse.

Nous voulons donc un portail contractuel permettant une première analyse rapide et homogène. Les contrats standards pourraient être comparés automatiquement aux modèles ordinaux et aux règles applicables. Des outils spécialisés d’intelligence artificielle juridique aideraient à repérer les clauses inhabituelles, les incohérences et les risques, avant validation par un juriste et un conseiller ordinal.

Il ne s’agit pas de remplacer le droit par un robot. Il s’agit d’éviter que des juristes consacrent des heures à relire manuellement des dizaines de clauses identiques, pendant que les dossiers complexes attendent. La technologie doit permettre de répondre plus vite, plus précisément et à moindre coût.

Lorsqu’un dossier médical est saisi dans le cadre d’une enquête, la présence d’un représentant de l’Ordre participe à la protection du secret professionnel. Cette garantie est essentielle. Mais si aucun conseiller n’est disponible, l’opération peut être retardée, avec des conséquences très concrètes pour l’enquête.

La première réponse relève de l’organisation : une permanence opérationnelle, un planning d’astreinte sécurisé, des procédures convenues à l’avance avec le parquet et les services de police pour créer un nouveau circuit. Il va falloir réfléchir a différentes nouvelles modalités : permettre aux anciens conseillers ordinaux retraités de participer, saisie dématérialisée, etc.

Plusieurs pays utilisent déjà des ordres de production permettant aux établissements de transmettre à distance des dossiers et des données électroniques aux enquêteurs. Nous proposons d’étudier leur adaptation au droit français, en y conservant la garantie spécifique que constitue le contrôle ordinal du secret médical.

Lorsqu’une plainte est déposée, le Conseil départemental doit organiser une tentative de conciliation. Si la plainte est maintenue, il doit en principe la transmettre à la chambre disciplinaire avec un avis motivé. Ce n’est donc pas le Conseil départemental qui prononce les sanctions, et il ne peut pas simplement classer toutes les plaintes qui lui paraissent absurdes.

Mais entre l’absence totale de filtre et le classement arbitraire, il existe une troisième voie : l’instruction sérieuse.

Les conseillers chargés des plaintes devraient pouvoir recueillir rapidement les documents utiles, préciser les accusations, vérifier certains éléments matériels et distinguer un véritable problème déontologique d’un conflit administratif, d’une incompréhension ou d’une plainte manifestement instrumentalisée.

À terme, nous voulons travailler à une évolution législative permettant une enquête préliminaire contradictoire et le classement motivé des plaintes manifestement irrecevables ou dépourvues d’éléments, sous le contrôle d’une voie de recours. La chambre disciplinaire dispose déjà du pouvoir d’ordonner une enquête lorsqu’elle estime certains faits utiles à l’instruction ; la question est de savoir comment permettre un examen factuel plus précoce, sans priver aucun plaignant de ses droits.

Dans l’attente d’une réforme, beaucoup peut déjà être amélioré : des conciliations organisées rapidement, des conseillers réellement formés, un avis ordinal argumenté, un calendrier communiqué aux parties et un accompagnement du médecin mis en cause. Une plainte ne doit jamais être banalisée, mais elle ne doit pas non plus devenir une peine avant le jugement.

Maternité difficile, maladie, handicap, épuisement professionnel, conflit de service, harcèlement, violences, difficultés financières, départ à la retraite ou attaque publique sur les réseaux sociaux : ces situations ne relèvent pas toutes directement du pouvoir de décision de l’Ordre.

Le Conseil départemental ne peut pas se substituer à l’employeur, à la CPAM, à la CARMF, à l’assureur, à la police ou au juge. Mais il peut éviter que le médecin soit renvoyé d’interlocuteur en interlocuteur jusqu’à l’épuisement.

L’entraide et l’accompagnement des médecins en difficulté font déjà partie des missions départementales. Le Conseil peut écouter, conseiller, orienter et représenter la profession auprès des pouvoirs publics.

Nous proposons un guichet ordinal unique, confidentiel, avec un référent chargé de suivre la situation jusqu’à son orientation effective. Pas seulement transmettre trois numéros de téléphone : vérifier que le contact a été établi, aider à constituer le dossier, mobiliser les partenaires compétents et rappeler lorsque la situation l’exige le poids institutionnel de l’Ordre.

Pour le harcèlement et les atteintes à la réputation numérique, il faut un circuit rapide : conservation des preuves, évaluation du danger, conseil juridique, signalement aux plateformes ou aux autorités lorsque cela est nécessaire.

Nous ne promettrons pas qu’un Conseil départemental peut, à lui seul, réformer la justice disciplinaire, modifier le Code de la santé publique ou imposer ses décisions aux administrations.

En revanche, il peut documenter les blocages, produire des propositions juridiquement solides, solliciter les parlementaires, rencontrer les ministères, interpeller le Conseil national et rendre des comptes devant les médecins.

Chaque année, le CDOM devrait présenter aux médecins parisiens un programme de réformes : les problèmes identifiés, les solutions proposées, les interlocuteurs rencontrés et l’état d’avancement de chaque dossier.

Dans une campagne ordinale, tout le monde promet naturellement la proximité, la confraternité, la modernité et la transparence.

Ces mots sont nécessaires. Ils ne suffisent plus.

Reconstruire l’Ordre ne peut pas consister à reproduire les habitudes et les réflexes d’hier sous un vocabulaire neuf. Nous voulons être jugés sur des engagements vérifiables : des délais publiés, des dossiers suivis, des contrats analysés plus rapidement, une permanence judiciaire opérationnelle, des plaintes réellement instruites, des médecins accompagnés et des propositions de réforme effectivement portées auprès du législateur.

Notre profession de foi fixe déjà cette ambition : un Ordre qui conseille avant de sanctionner, accompagne avant de juger, prend soin des médecins et soutient des pratiques modernes et innovantes.

Nous ne cherchons pas simplement à occuper les sièges d’une institution ancienne.

Nous voulons démontrer qu’elle peut fonctionner autrement.

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L'Ordre des médecins : à quoi sert-il vraiment ?

Équipe JPSO

8 août 2026

L'Ordre des médecins : à quoi sert-il vraiment ?

On pense souvent à l'Ordre quand quelque chose va mal : une plainte, un courrier inquiétant, une difficulté administrative… Pour beaucoup de médecins, il se résume même surtout à un impôt supplémentaire annuel et à la crainte d'une procédure disciplinaire. Pourtant, le Conseil départemental de l'Ordre intervient à presque toutes les étapes de notre vie professionnelle.

Et lorsqu'il ne fonctionne pas correctement, les conséquences sont très concrètes !

La première mission du Conseil départemental est de tenir le Tableau de l'Ordre : il vérifie les diplômes et les qualifications, inscrit les médecins, enregistre leurs changements de situation et délivre notamment les autorisations de remplacement.

Cela paraît administratif. En réalité, cela conditionne directement l'accès aux soins.

Un jeune médecin recruté dans un établissement ne peut pas commencer normalement son activité tant que son inscription n'est pas finalisée. Un remplaçant dont le dossier reste en attente ne peut pas venir soulager un cabinet. Un transfert ordinal qui prend du retard peut compliquer une installation ou un changement de poste.

Derrière chaque dossier en attente, il y a donc **un médecin empêché de travailler**, une équipe désorganisée et parfois des patients qui attendent.

Soyons francs : quel médecin ne connaît pas une consœur empêchée d'exercer pendant des semaines parce que son transfert ordinal « n'avance pas » ? Qui n'a jamais entendu la CPAM répondre : « Nous ne pouvons rien faire, le dossier est bloqué à l'Ordre » ? Dans un pays qui manque de médecins et où chaque cabinet, chaque service et chaque patient subit cette pénurie, cette situation est difficilement compréhensible. Nous avons besoin d'un Ordre qui sécurise l'exercice, pas d'un Ordre qui le paralyse par son inertie.

Le paradoxe devient même particulièrement irritant lorsque la rigueur semble parfois s'exercer davantage sur les délais administratifs imposés aux médecins déjà identifiés que sur la transparence et l'homogénéité des procédures de vérification des diplômes, des qualifications et des compétences !

Contrat de remplacement, collaboration, association, exercice en commun, activité salariée, installation dans une clinique ou constitution d'une société : les contrats qui encadrent l'exercice médical doivent être communiqués à l'Ordre. Ce contrôle ne devrait pas être une formalité bureaucratique. Il sert à vérifier que le médecin conserve son indépendance professionnelle, que le libre choix du patient est respecté et qu'aucune clause ne place le praticien dans une situation contraire à la déontologie.

Un Conseil réactif peut ainsi repérer, avant la signature, une clause déséquilibrée ou dangereuse. Il peut éviter à un médecin de découvrir plusieurs années plus tard qu'il ne peut pas quitter son association, qu'il supporte seul certains risques ou que son contrat permet à un tiers d'intervenir dans ses décisions médicales.

Mais là encore, le système actuel frôle l'absurde. Depuis 2026, la cotisation des sociétés d'exercice libéral est calculée à hauteur d'une cotisation et demie par associé, en plus des cotisations personnelles déjà acquittées par les médecins. La justification avancée ? L'examen des statuts et des montages juridiques nécessiterait davantage de juristes. Cette hausse est d'ailleurs contestée devant le Conseil d'État.

En 2026, moderniser un service ne peut pas simplement consister à augmenter les effectifs et à envoyer la facture aux médecins. Des outils spécialisés d'intelligence artificielle juridique peuvent déjà comparer des statuts, analyser des contrats, repérer des clauses atypiques et retrouver immédiatement les textes ou la jurisprudence applicables. Une telle solution ne coûte que quelques milliers d'euros par an et propose précisément des fonctions d'analyse contractuelle et d'identification des risques.

L'objectif n'est pas de remplacer les juristes, mais de leur permettre de se concentrer sur les dossiers réellement complexes et sur la décision finale. Chaque contrat pourrait bénéficier d'une première analyse rapide, homogène et traçable, puis d'une validation humaine. À la clé : des réponses plus rapides, une meilleure sécurité juridique et moins de dépenses. **Un Ordre moderne ne doit pas faire payer son retard technologique aux médecins : il doit utiliser les outils disponibles pour leur rendre un meilleur service.**

Lorsqu'un patient, un confrère ou un autre acteur saisit l'Ordre d'une plainte, le Conseil départemental organise d'abord une conciliation. L'objectif est de permettre aux parties de s'expliquer et, lorsque cela est possible, de résoudre le différend sans entrer dans une procédure longue et destructrice.

Il faut d'ailleurs rappeler une chose souvent méconnue : **le Conseil départemental n'a aucun pouvoir de prononcer ou non des sanctions disciplinaires.** Si la plainte est maintenue après la conciliation, il est obligé par la loi de la transmettre, accompagnée de son avis motivé, à la chambre disciplinaire de première instance. Cette juridiction distincte, située au niveau du CROM (Conseil régional), est présidée par un magistrat avec des assesseurs médecins.

Ce fonctionnement protège le droit de chacun à faire examiner sa plainte. Mais il montre aussi les limites du système actuel : même lorsqu'une accusation paraît manifestement fragile, absurde ou née d'un simple malentendu, le Conseil départemental ne dispose pas d'un véritable pouvoir général d'enquête lui permettant d'établir rapidement les faits et, le cas échéant, de mettre fin lui-même à la procédure, et il est toujours obligé d'organiser la conciliation.

Pour le médecin concerné, plusieurs mois d'attente peuvent alors commencer, avec leur cortège d'angoisse, de temps perdu, d'atteinte à la réputation. Sans compter le chiffre d'affaires perdu en dégageant plusieurs demi-journées de consultation, et les frais d'avocat.

Le système n'est pas satisfaisant en l'état. Nous y reviendrons bientôt.

C'est l'une des missions les plus méconnues de l'Ordre.

Lorsqu'un dossier médical clairement identifié doit être saisi dans le cadre d'une enquête judiciaire, l'opération se déroule en présence d'un représentant de l'Ordre, afin de protéger le secret médical. Le dossier est ensuite placé sous scellés fermés. Il faut coordonner trois agendas : celui d'un médecin du service où le dossier est saisi, celui du policier chargé de saisir le dossier et… celui du conseiller ordinal.

Autrement dit, si aucun représentant ordinal n'est disponible, l'opération peut être retardée. Et en pratique, certains dossiers sont en attente pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Une institution supposée protéger le secret médical peut alors, par son manque de réactivité, retarder très concrètement une enquête de police ou une procédure judiciaire. C'est assez dingue quand on y pense : le bon fonctionnement d'un service ordinal peut conditionner à la fois la protection des patients, le respect du secret médical et l'avancement de la justice !

Il faut évidemment trouver des solutions modernes à ces problèmes… de planning.

Maladie, handicap, épuisement professionnel, difficultés financières, conflit dans un service, violence ou rupture d'activité : le Conseil départemental est également la porte d'entrée de l'entraide ordinale.

Dans ces moments-là, un médecin ne devrait pas avoir face à lui une institution froide ou soupçonneuse. Il devrait trouver des confrères capables d'écouter, d'orienter, de protéger et d'intervenir suffisamment tôt pour éviter que la situation ne s'aggrave.

L'Ordre n'est donc pas seulement une autorité disciplinaire. Il peut permettre à un médecin de commencer à travailler, sécuriser son installation, prévenir un conflit, protéger le secret médical, accompagner une enquête judiciaire ou soutenir un confrère en difficulté.

Mais chacune de ces missions perd son sens si les réponses arrivent trop tard.

La véritable question n'est donc pas seulement : « À quoi sert l'Ordre ? » Elle est aussi : « Est-il aujourd'hui organisé pour remplir correctement et rapidement chacune de ses missions ? »

Un Ordre utile ne se mesure pas à ses discours, mais à quelques réalités simples : le délai nécessaire pour inscrire un médecin, examiner un contrat, organiser une conciliation, répondre à un confrère ou désigner un représentant pour une saisie judiciaire.

C'est à partir de ces réalités concrètes que l'Ordre doit désormais être repensé : conseiller avant de sanctionner, accompagner avant de juger et agir avant qu'il ne soit trop tard.

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Appel à candidature : vérifiez vos coordonnées auprès de l'Ordre

Dr Lamia Kerdjana

15 juillet 2026

Appel à candidature : vérifiez vos coordonnées auprès de l'Ordre

J'ai reçu vendredi dernier l'appel à candidature pour le renouvellement intégral du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris (CDOM 75).

Si vous ne l'avez pas reçu, il est possible que votre adresse de correspondance enregistrée auprès de l'Ordre ne soit plus à jour.

Pour pouvoir voter lors des prochaines élections, prenez quelques instants pour vérifier vos coordonnées dans votre espace médecin.

Ces élections ne sont pas une élection ordinale comme les autres. Après la dissolution du CDOM 75, elles sont l'occasion de reconstruire un Conseil à la hauteur des attentes des médecins parisiens.

Voter, c'est choisir le Conseil départemental que nous voulons pour les années à venir.

L'abstention laisse les autres décider à votre place. Participer, c'est contribuer à construire un Ordre plus transparent, plus exemplaire et plus proche des médecins.

L'Ordre sera ce que nous en ferons.

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« J'ai hâte de voter aux élections ordinales ! » : je n'ai jamais entendu ça

Dr Lamia Kerdjana

1 juillet 2026

« J'ai hâte de voter aux élections ordinales ! » : je n'ai jamais entendu ça

🩺 Je n'ai jamais rencontré un confrère me disant : « J'ai hâte de voter aux élections ordinales ! »

Au mieux, beaucoup de médecins considèrent l'Ordre comme une formalité administrative. 📄 Au pire, certains souhaitent sa disparition. ❌

Et pourtant…

📌 Le jour où vous recevez une plainte, 📌 le jour où vous avez besoin d'un conseil, 📌 le jour où une question déontologique surgit, l'Ordre cesse brusquement d'être une abstraction.

On découvre alors que les personnes élues, leurs pratiques et leur vision de l'institution ont des conséquences très concrètes sur notre exercice.

Depuis ma candidature en 2021, j'ai beaucoup échangé avec des confrères. J'ai entendu leur lassitude, leur défiance, parfois leur colère. 💬

Je ne crois pas que la solution soit l'indifférence.

Je crois que nous avons le choix entre subir une institution qui ne nous ressemble pas… ou essayer de la faire évoluer de l'intérieur. 🔄

Pour ma part, j'ai choisi la seconde voie.

🤔 Et vous, si vous pouviez changer une seule chose dans le fonctionnement de l'Ordre, quelle serait-elle ?

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Le CDOM de Paris a été dissous : et après ?

Dr Lamia Kerdjana

29 juin 2026

Le CDOM de Paris a été dissous : et après ?

🚨 Le CDOM de Paris a été dissous en avril dernier.

Mais au fond… combien de médecins savent réellement ce que cela signifie ? 🤔

Le déroulé a pourtant été exceptionnel : le CNOM s'est réuni en séance plénière extraordinaire, il a décidé la dissolution du Conseil départemental de Paris, une demande a ensuite été adressée à l'ARS, l'ARS a publié l'arrêté de dissolution, et les 56 conseillers départementaux parisiens ont été démis de leurs fonctions.

⚖️ Et après ? Le CDOM 75 ne pouvait évidemment pas cesser de fonctionner du jour au lendemain. Le CNOM a donc nommé 4 conseillers nationaux pour assurer l'intérim et poursuivre les missions ordinales dans l'attente des prochaines élections. Ces conseillers travaillent actuellement à temps plein pour maintenir le fonctionnement de l'institution.

Cette dissolution a suscité des réactions très contrastées. Certains médecins s'en sont réjouis, considérant que l'Ordre ne sert qu'à prélever une cotisation. Mais le plus frappant est ailleurs : la majorité des confrères ne semblait même pas concernée. Beaucoup ignorent encore qu'une dissolution a eu lieu. D'autres confondent le CDOM de Paris avec le Conseil national.

🌫️ Cette méconnaissance de l'institution ordinale est abyssale. Et elle explique en grande partie la très faible participation aux élections ordinales.

Pourtant, ces élections sont essentielles. Parce qu'un Ordre sans participation devient vite un Ordre sans renouvellement. Et une institution qui ne se renouvelle plus finit par perdre sa représentativité, sa légitimité… et la confiance des médecins.

🗳️ Les prochaines élections du CDOM 75 ne doivent pas être perçues comme une formalité administrative. Elles représentent une occasion rare de repenser la place de l'institution ordinale, son fonctionnement, sa transparence et son lien avec les médecins de terrain. Encore faut-il que les médecins s'y intéressent.

✨ L'Ordre sera ce que nous en ferons.

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Pourquoi les médecins ne votent-ils plus aux élections ordinales ?

Dr Lamia Kerdjana

25 juin 2026

Pourquoi les médecins ne votent-ils plus aux élections ordinales ?

🗳️ Pourquoi les médecins ne votent-ils plus aux élections professionnelles et ordinales ?

10 à 15 % de participation aux élections ordinales ou aux élections professionnelles. Une abstention massive… pouvant être interprétée comme du désintérêt ou de la lassitude.

Mais parfois, ne pas voter est aussi une manière d'exprimer son mécontentement. ⚖️

Le paradoxe, c'est que lorsque l'on estime que les institutions ne représentent plus suffisamment les médecins de terrain… c'est précisément à ce moment-là qu'il faudrait investir les urnes. Car l'abstention ne change pas les équilibres. Elle les fige.

Et surtout, voter ne devrait peut-être pas reposer uniquement sur un nom connu, une notoriété locale, un réseau ou une ancienneté.

Une élection ordinale devrait aussi être un choix de vision : quel programme ? quelle gouvernance ? quel renouvellement ? quelle place pour les jeunes médecins ? quelle transparence ? quelle conception du rôle ordinal ?

Les médecins demandent souvent du changement. Mais sans participation électorale, il devient difficile de le faire émerger.

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Pouvoir ordinal : pourquoi est-il si difficile de renouveler les instances ?

Dr Lamia Kerdjana

23 juin 2026

Pouvoir ordinal : pourquoi est-il si difficile de renouveler les instances ?

⚖️ Pouvoir ordinal : pourquoi est-il si difficile de renouveler les instances ?

Dans certains CDOM, il devient difficile de trouver de nouveaux candidats. Dans d'autres, les candidatures existent… mais ce sont souvent les mêmes qui occupent durablement les fonctions de pouvoir. 📂

Cette réalité pose une question sensible, mais essentielle : 👉 pourquoi les fonctions ordinales attirent-elles parfois si peu… et pourquoi certains s'y accrochent-ils autant ?

La plupart des conseillers ordinaux exercent leur mission avec sérieux et dévouement, souvent en parallèle de leur activité médicale. Mais il existe aussi une réalité institutionnelle : avec le temps, les fonctions ordinales peuvent devenir des positions d'influence, de réseau, de visibilité ou de reconnaissance.

Et comme dans beaucoup d'institutions : ➡️ plus les responsabilités augmentent ; ➡️ plus les postes se raréfient ; ➡️ plus leur renouvellement devient difficile.

Le paradoxe est frappant : 📉 certains petits CDOM peinent à recruter de nouveaux conseillers ; 📈 tandis que dans certains grands CDOM, plusieurs médecins souhaitent s'investir… sans toujours accéder aux fonctions stratégiques.

Car au sein des bureaux ordinaux, les postes-clés sont souvent occupés durablement par les mêmes profils : 👤 présidence ; 👤 vice-présidences ; 👤 secrétariat général ; 👤 trésorerie.

D'où une réflexion qui devient de plus en plus présente : ⚖️ faut-il limiter le nombre de mandats ? Ou plus précisément : 👉 limiter le nombre de mandats successifs au sein du bureau, sans empêcher l'engagement ordinal plus large ?

L'objectif ne serait pas de sanctionner l'expérience. L'expérience est indispensable dans des institutions confrontées à des enjeux juridiques, déontologiques et humains complexes.

Mais une institution qui ne se renouvelle plus finit souvent par : ➡️ décourager les nouvelles vocations ; ➡️ concentrer les responsabilités ; ➡️ figer les équilibres internes ; ➡️ créer un sentiment d'entre-soi.

À l'inverse, une réforme trop brutale pourrait aggraver la crise des vocations ordinales déjà existante dans certains territoires.

Toute la difficulté est là : ⚖️ favoriser le renouvellement ; ⚖️ préserver l'expérience ; ⚖️ maintenir l'attractivité des fonctions ordinales.

Le sujet mérite probablement une réflexion nationale portée par le CNOM : ✅ limitation des fonctions exécutives dans le temps ? ✅ meilleure ouverture des bureaux ? ✅ valorisation de l'engagement ordinal ? ✅ accompagnement des nouveaux élus ? ✅ réflexion sur le statut du conseiller ordinal ?

Au fond, la vraie question est peut-être celle-ci : 👉 quelle gouvernance les médecins souhaitent-ils pour leurs institutions ordinales dans les années à venir ?

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Pourquoi les délais sont-ils si longs au sein des CDOM ?

Dr Lamia Kerdjana

22 juin 2026

Pourquoi les délais sont-ils si longs au sein des CDOM ?

⏳ « Pourquoi les délais sont-ils si longs au sein des CDOM ? »

La question revient régulièrement. Et la réponse est souvent plus complexe qu'il n'y paraît. ⚖️

Beaucoup imaginent une simple lenteur administrative. La réalité est surtout celle d'institutions qui fonctionnent encore avec des moyens humains et matériels limités, alors même que les sollicitations explosent.

Dans de nombreux CDOM : les conseillers ordinaux ne sont pas présents à temps plein, car beaucoup conservent une activité médicale en parallèle ; les conseillers démissionnaires ne sont pas toujours remplacés rapidement, ce qui augmente la charge des équipes restantes ; certaines procédures demeurent particulièrement lourdes, notamment lorsqu'elles nécessitent des transferts de dossiers papier ou des consultations physiques de pièces.

La solution semble évidente : tout numériser. Mais le sujet mérite une réflexion beaucoup plus nuancée. 💻

Car la numérisation massive pose aussi une question essentielle : celle de la sécurité des données sensibles. Dans un contexte de cyberattaques croissantes contre les établissements de santé, peut-on exclure le risque qu'un jour des dossiers ordinaux, plaintes ou procédures soient divulgués massivement ?

Et contrairement aux fantasmes, toutes les plaintes déposées ne sont pas fondées. Certaines sont classées, abandonnées ou rejetées après contradictoire. La divulgation brutale de données ordinales sensibles pourrait exposer des médecins, des patients, des établissements, voire des procédures non abouties ou infondées.

Le papier a ses limites. Mais il possède aussi une forme de cloisonnement matériel qui protège encore certaines données sensibles. La question n'est donc pas simplement « papier ou numérique ? » mais « comment moderniser sans fragiliser la confidentialité ? »

Ces enjeux méritent une réflexion collective plus large associant institutions ordinales, établissements de santé, experts en cybersécurité, médecins, juristes et représentants des usagers. La modernisation des CDOM ne pourra pas être uniquement technique : elle devra aussi être éthique, organisationnelle et sécuritaire.

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Une même plainte ordinale, deux expériences très différentes

Dr Lamia Kerdjana

15 juin 2026

Une même plainte ordinale, deux expériences très différentes

🤔 Une même plainte ordinale, deux expériences très différentes.

Au CDOM 75, le plaignant et le médecin sont reçus ensemble ; le conseiller ordinal facilite les échanges.

Au CDOM 06, j'apprends qu'il peut arriver que chacun soit entendu séparément, sans rencontre directe.

📖 Pourtant, ni le Code de la santé publique ni le règlement intérieur du CNOM ne semblent imposer l'une ou l'autre de ces modalités. Ils prévoient seulement que les parties soient convoquées et entendues « pour rechercher une conciliation ».

❓ Alors une question me vient : pourquoi de telles disparités territoriales ?

🤝 Une conciliation sans dialogue direct entre les parties est-elle encore une véritable conciliation, ou s'apparente-t-elle davantage à une médiation indirecte ?

Surtout, peut-on accepter que les garanties procédurales offertes aux patients et aux médecins varient selon le département dans lequel ils se trouvent ? ⚖️

📍 Le lieu d'exercice d'un médecin ou le lieu de résidence d'un patient devraient-ils déterminer la manière dont une plainte ordinale est traitée ?

🔎 À l'heure où la confiance envers les institutions ordinales est questionnée, où certains proposent leur suppression pure et simple, je crois au contraire qu'il faut les rendre plus lisibles, plus transparentes… et plus équitables.

Les prochaines échéances électorales ordinales ne devraient peut-être pas seulement porter sur les personnes. 🗳️ Elles devraient aussi être l'occasion d'un débat de fond :

👉 Qu'attendons-nous pour harmoniser les pratiques ordinales sur l'ensemble du territoire afin de garantir les mêmes droits procéduraux à tous ?

Car l'égalité devant la procédure ne devrait pas dépendre d'un code postal.

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La place des femmes dans les instances ordinales

Dr Lamia Kerdjana

11 juin 2026

La place des femmes dans les instances ordinales

Depuis ma candidature aux élections du CDOM 75 en 2021, je milite pour une meilleure place des femmes dans les instances ordinales et aux postes de décision.

Notre profession s'est profondément féminisée : aujourd'hui, près de 70 % des médecins sont des femmes.

Pourtant, dans les espaces de gouvernance, l'équilibre reste loin d'être atteint. Les femmes demeurent encore trop souvent sous-représentées dans les fonctions les plus visibles et les plus décisionnelles, alors même qu'elles constituent désormais la majorité de la profession.

Je regrette également que nous n'ayons encore jamais connu de Présidente du CNOM, ni au CDOM 75 (sauf erreur de ma part). Ce constat doit nous interroger collectivement sur la place réellement accordée aux femmes dans nos institutions.

La parité, instaurée en 2017, a constitué une avancée importante. Mais dans une profession composée à près de 70 % de femmes, la question de la représentativité mérite aujourd'hui d'être reposée au-delà du seul équilibre symbolique.

Car l'enjeu n'est pas simplement statistique. Il est démocratique, institutionnel et déontologique.

🏛️ Une institution gagne en légitimité lorsqu'elle ressemble réellement à celles et ceux qu'elle représente.

C'est aussi le sens des combats que je porte : ✔️ davantage de pluralisme ; ✔️ une gouvernance plus ouverte ; ✔️ un renouvellement des profils ; ✔️ une institution plus représentative des réalités du terrain.

À l'approche des prochaines élections ordinales, ces sujets ne peuvent plus être secondaires.

L'Ordre ne deviendra ni plus ouvert, ni plus représentatif, ni plus moderne… par hasard.

✨ L'Ordre sera ce que nous en ferons.

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La confraternité n'est ni l'omerta, ni le règlement de comptes public

Dr Lamia Kerdjana

9 juin 2026

La confraternité n'est ni l'omerta, ni le règlement de comptes public

🤝 La confraternité n'est ni l'omerta… ni le règlement de comptes public.

Depuis quelques années, les désaccords entre médecins se déplacent de plus en plus sur les réseaux sociaux ou dans les médias.

Mais la confraternité prévue par le Code de déontologie a un objectif essentiel ⚖️ : préserver la confiance des patients dans la profession.

Être confraternel, ce n'est pas « protéger un confrère quoi qu'il arrive ». C'est savoir : ✔️ vérifier les faits ; ✔️ dialoguer avant l'escalade ; ✔️ utiliser les voies ordinales adaptées ; ✔️ distinguer désaccord, faute et mise en danger.

Car lorsqu'un médecin attaque publiquement un autre médecin sans méthode ni contradictoire, ce n'est pas seulement un confrère qui est fragilisé. C'est la crédibilité de toute la profession qui vacille 🩺.

Les conséquences collectives de ces affrontements publics ont été particulièrement visibles pendant la crise COVID. Nous l'avons tous constaté.

C'est aussi pour cela que l'Ordre reste indispensable : non pour protéger un « camp », mais pour garantir une régulation indépendante, apaisée et exigeante.

Les prochaines élections ordinales seront importantes. Parce que l'Ordre ne sera ni plus ouvert, ni plus indépendant, ni plus crédible… par hasard.

L'Ordre sera ce que nous en ferons.

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Le sujet n'est pas « pour ou contre l'Ordre » : quel Ordre voulons-nous ?

Dr Lamia Kerdjana

5 juin 2026

Le sujet n'est pas « pour ou contre l'Ordre » : quel Ordre voulons-nous ?

La défiance envers les institutions ne se combat pas par le silence.

Au fond, le sujet n'est pas « pour ou contre l'Ordre ». Le sujet est : quel Ordre voulons-nous ?

Un Ordre fermé, perçu comme une forteresse institutionnelle ? Ou un Ordre capable de représenter la diversité réelle de la médecine d'aujourd'hui ?

La crédibilité ordinale repose désormais sur plusieurs conditions : ✔️ davantage de pluralisme ; ✔️ un renouvellement des profils ; ✔️ une gouvernance plus ouverte ; ✔️ une meilleure représentativité des exercices ; ✔️ une indépendance réelle vis-à-vis des logiques de captation.

L'Ordre ne doit pas devenir un syndicat bis. Mais il ne peut pas non plus être une institution hors-sol, déconnectée des réalités du terrain.

Il doit rester ce qu'il devrait toujours être : 👉 un espace d'équilibre entre déontologie, responsabilité professionnelle et intérêt général.

Parce qu'un Ordre fort n'est pas un Ordre uniforme. C'est un Ordre capable de faire vivre le débat sans perdre sa mission de régulation.

Et aujourd'hui, soutenir l'institution ordinale, ce n'est pas préserver une structure figée. C'est défendre l'exigence d'une régulation crédible, indépendante et pluraliste.

L'avenir de l'Ordre dépendra moins de sa capacité à se protéger que de sa capacité à se transformer.

L'Ordre sera ce que nous en ferons.

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Avant de célébrer la disparition de l'Ordre : par quoi le remplacer ?

Dr Lamia Kerdjana

3 juin 2026

Avant de célébrer la disparition de l'Ordre : par quoi le remplacer ?

🤔 Il y a quelque chose qui m'interpelle.

Depuis plusieurs années, les médecins dénoncent une médecine de plus en plus administrée. 📋 Plus de procédures. 🔍 Plus de contrôles. 📏 Plus de normes. ☑️ Plus de cases à cocher. 🏛️ Plus d'intervenants dans notre exercice.

Et pourtant, beaucoup accueillent avec satisfaction l'idée d'une disparition de l'Ordre.

Je comprends parfaitement les critiques adressées à l'institution. J'en ai formulé moi-même. J'en ai vu les limites. Mais j'ai aussi découvert autre chose.

👥 Derrière l'image souvent caricaturale de l'Ordre, il y a des centaines de confrères qui consacrent du temps à examiner des contrats, régler des conflits, accompagner des médecins en difficulté et participer à la régulation de notre profession.

Est-ce toujours parfait ? Non. Est-ce toujours satisfaisant ? Certainement pas.

Mais lorsque j'entends certains se réjouir de la disparition éventuelle des Ordres, je me pose une question simple : ❓ Par quoi souhaitons-nous les remplacer ?

Le rapport de l'IGF évoque un transfert des missions ordinales vers l'administration et les juridictions administratives. 🏢 Peut-être est-ce la bonne solution. 🤷‍♀️ Peut-être pas.

Mais je ne peux m'empêcher de me demander à qui profiterait réellement cette réforme.

Aux patients ? Malgré des réformes successives menées en leur nom, l'accès aux soins continue de se dégrader.

Aux médecins ? Jamais notre exercice n'a été aussi encadré, normé et administré.

Alors à qui profiterait-elle ?

Car derrière la question de l'avenir des Ordres se cache peut-être une question beaucoup plus politique : 👉 Qui doit réguler les médecins ? Les médecins eux-mêmes dans un cadre réformé et plus exigeant ? Une structure unique ouverte à d'autres professions ? Ou l'administration ?

Car chaque fois qu'une profession perd une partie de sa capacité à participer à sa propre régulation, quelqu'un d'autre récupère ce pouvoir.

Avant de célébrer la disparition d'une institution, il me semblerait utile de s'interroger sur ce que deviendront ses missions.

📄 Qui examinera nos contrats ? 💰 Qui s'opposera lorsque certains modèles économiques entreront en conflit avec l'indépendance professionnelle du médecin ? ⚖️ Qui appréciera nos règles déontologiques ? 🤝 Qui arbitrera certains conflits professionnels ? 🩺 Qui portera la voix de l'indépendance médicale lorsqu'elle entrera en tension avec les objectifs administratifs ?

💭 Et si le véritable débat n'était finalement pas celui de l'avenir de l'Ordre ? Et si la vraie question était de savoir qui décidera demain des règles de notre profession ? Les médecins eux-mêmes ? Ou d'autres à leur place ?

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Pourquoi les syndicats ont toujours voulu peser à l'Ordre

Dr Lamia Kerdjana

28 mai 2026

Pourquoi les syndicats ont toujours voulu peser à l'Ordre

Pourquoi les syndicats ont toujours voulu peser à l'Ordre ?

Si les syndicats médicaux ont toujours cherché à être présents dans les instances ordinales, ce n'est pas par hasard.

C'est parce que l'Ordre intervient sur des sujets très concrets d'exercice : 📌 contrats, 📌 installation, 📌 plaintes, 📌 relations avec l'Assurance maladie, 📌 permanence des soins, 📌 organisation territoriale, 📌 évolutions du métier.

Autrement dit : quand une institution traite des réalités professionnelles quotidiennes, les syndicats veulent naturellement être « dans la salle ».

D'ailleurs, plusieurs rapports ont souligné que l'Ordre avait parfois lui-même empiété sur le terrain syndical, en prenant des positions très directement liées à la défense professionnelle.

Car plus l'Ordre intervient dans des sujets corporatifs, plus les logiques d'influence syndicale deviennent fortes. Et plus la confusion des rôles s'installe.

Le sujet n'est donc pas d'exclure les syndiqués. Le sujet est de préserver une capacité d'arbitrage indépendante et pluraliste.

Un Ordre crédible doit pouvoir entendre tous les courants… sans appartenir à aucun.

Ce qui compte, ce n'est pas l'appartenance syndicale de chaque individu, c'est que le groupe soit constitué de la pluralité des syndiqués et des non-syndiqués.

La liste « Je Parie sur l'Ordre » a toujours essayé de respecter ces principes.

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Saisies de dossiers médicaux : quand l'organisation freine la justice

Dr Lamia Kerdjana

27 mai 2026

Saisies de dossiers médicaux : quand l'organisation freine la justice

🚨 « Nous avons l'OPJ. Nous avons le représentant ordinal. Mais le médecin est au bloc opératoire. »

C'est une scène bien connue de ceux qui participent aux saisies de dossiers médicaux. Et elle illustre une réalité rarement évoquée : dans ces procédures, la principale difficulté n'est pas le droit… mais l'organisation. ⚖️📂

Pour qu'une saisie puisse avoir lieu dans des conditions conformes au secret médical et aux garanties procédurales, il faut réunir simultanément : 👨‍⚕️ le médecin de l'hôpital en charge du dossier médical ; 🏥 le représentant de l'établissement responsable de la conservation du dossier (lorsqu'il s'agit d'un établissement de santé) ; ⚖️ le représentant du Conseil départemental de l'Ordre des médecins ; 👮 l'officier de police judiciaire.

Soit 3 à 4 agendas à coordonner, souvent rapidement.

Or, la justice est ralentie lorsqu'une saisie prend trop de temps à s'organiser.

Le constat est préoccupant : le CDOM 75 a vu le nombre de demandes de saisies doubler en seulement 6 ans. 📈 Pendant ce temps, les investigations attendent.

Et les grands CDOM semblent aujourd'hui atteindre leurs limites : ➡️ incertitudes persistantes sur les règles applicables, certains établissements pensant encore que seul le médecin ayant pris en charge le patient peut remettre le dossier à la justice ; ➡️ manque de conseillers ordinaux disponibles et impliqués, car beaucoup exercent encore leur activité médicale en parallèle ; ➡️ absence d'automatisation des demandes ; ➡️ absence d'agenda partagé ; ➡️ absence d'interopérabilité entre les messageries sécurisées des différents acteurs.

À l'heure où l'on parle de transformation numérique du système de santé, ces procédures restent encore largement artisanales.

Pourtant, des solutions existent : ✅ plateformes sécurisées de coordination ; ✅ agendas partagés ; ✅ automatisation des notifications.

La protection du secret médical et l'efficacité de la justice ne devraient pas être opposées.

Le problème n'est pas l'absence de bonne volonté. Le problème est que nos outils ne sont plus adaptés aux réalités actuelles. Et ce sont les institutions elles-mêmes qui finissent par perdre du temps.

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Peut-on résumer l'histoire de l'Ordre à une simple « institution de Vichy » ?

Dr Lamia Kerdjana

19 mai 2026

Peut-on résumer l'histoire de l'Ordre à une simple « institution de Vichy » ?

🩺 Peut-on résumer l'histoire de l'Ordre des médecins à une simple « institution de Vichy » ?

L'histoire est plus complexe. Et justement, cette complexité mérite d'être connue.

📖 Avant même 1940, de nombreux médecins et syndicats réclamaient déjà la création d'un ordre professionnel. Pourquoi ? Parce qu'il existait alors une confusion entre : ➡️ les syndicats, chargés de défendre les intérêts professionnels ; ➡️ et des instances disciplinaires informelles capables de sanctionner des médecins.

L'idée d'un Ordre n'est donc pas née avec Vichy. En revanche, sa première concrétisation juridique, elle, intervient bien sous Vichy, et dans un contexte politique impossible à ignorer.

⚠️ Un fait frappe tous les historiens : la loi créant l'Ordre des médecins est publiée le 7 octobre 1940… soit quatre jours seulement après le premier statut des Juifs.

Cette proximité chronologique nourrit évidemment les critiques et les interrogations historiques. Et ces débats ne sont pas clos.

Comme souvent dans l'histoire, la réalité est faite de contradictions. 📌 D'un côté, certaines prises de position de responsables ordinaux pendant la guerre restent profondément contestables. 📌 De l'autre, certains textes ont aussi affirmé des principes fondamentaux de l'éthique médicale.

🧠 Un exemple souvent oublié : la lettre du professeur Louis Portes du 8 juillet 1944. Face à une demande des autorités allemandes exigeant que les médecins signalent les blessés soignés par eux, il rappelle aux praticiens qu'aucune considération administrative ne peut les dispenser du respect du secret médical.

⚖️ Ce rappel du secret professionnel est devenu un symbole fort de l'éthique médicale française.

Et c'est probablement là que se situe le vrai sujet : ➡️ comment une institution née dans une période sombre a-t-elle ensuite été transformée pour devenir une institution déontologique républicaine ?

Après la Libération : ✅ l'Ordre de Vichy est dissous ; ✅ un nouvel Ordre est recréé en 1945 ; ✅ et surtout, la mission d'élaborer un code de déontologie lui est confiée.

📚 Le code de déontologie publié en 1947 marque un tournant majeur : la priorité devient alors la protection des patients, l'indépendance des médecins et le respect de principes éthiques universels.

On peut critiquer l'Ordre. On peut vouloir le réformer. On peut débattre de son fonctionnement actuel.

Mais on ne peut pas faire l'économie de l'histoire dans toute sa complexité.

L'histoire n'est jamais un slogan. ✍️

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