
Équipe JPSO
11 septembre 2026
Le 23 septembre, choisir la reconstruction
Le renouvellement intégral du Conseil de l’Ordre de Paris constitue une occasion rare : celle de reconstruire une institution profondément fragilisée sans renier ce qu’elle doit continuer à accomplir.
Après deux scrutins annulés, un rapport d’inspection particulièrement sévère et la dissolution du Conseil, personne ne peut raisonnablement considérer l’élection du 23 septembre comme un scrutin ordinal ordinaire.
Mais cette élection ne doit pas davantage devenir un règlement de comptes.
Des conseillers ont consacré du temps, parfois pendant des années, à recevoir leurs confrères, examiner leurs contrats, organiser des conciliations, accompagner des médecins en difficulté ou participer à des opérations judiciaires. Beaucoup ont sincèrement essayé d’accomplir leur mission, quelquefois au sein d’une organisation dont ils ne maîtrisaient ni tous les choix ni tous les dysfonctionnements.
Respecter leur engagement n’oblige toutefois pas à reconstruire l’institution à l’identique.
Ne pas chercher des coupables, mais tirer les conséquences
Notre objectif n’est pas d’effacer le passé, encore moins de juger collectivement ceux qui ont siégé. Il est de tirer les conséquences de ce qui s’est produit et d’introduire des garanties suffisamment solides pour que la confiance ne repose plus seulement sur la bonne volonté des personnes.
Après une dissolution, la responsabilité n’est pas de désigner des ennemis. Elle est de ne pas reproduire les conditions qui ont rendu la crise possible.
Une équipe représentative de la médecine parisienne
Notre liste réunit 28 médecins issus de spécialités, de générations et de modes d’exercice différents : médecine générale et spécialités, exercice libéral, hospitalier, salarié ou mixte, installé ou remplaçant.
Cette diversité n’est pas seulement destinée à remplir une page de présentation.
Un Conseil départemental ne peut pas prendre des décisions adaptées aux médecins parisiens s’il ne connaît pas réellement leurs conditions d’exercice : les difficultés d’installation d’un jeune praticien, les contraintes d’un médecin hospitalier, la solitude d’un libéral, la complexité des sociétés d’exercice, les risques du remplacement ou les difficultés propres aux médecins salariés.
Nous ne prétendons pas être d’accord sur tout. Nous pensons au contraire qu’un Conseil utile doit organiser la confrontation de ces expériences, plutôt que laisser une seule culture professionnelle devenir la norme pour tous.
Une méthode avant des slogans
Il serait facile de promettre un Ordre “moderne”, “proche”, “confraternel” et “transparent”. Toutes les listes utiliseront probablement ces mots, et elles auront raison : ce sont des objectifs légitimes.
Mais la différence ne se fera pas sur les adjectifs. Elle se fera sur la méthode.
Nous prenons des engagements précis :
- Publier les comptes, les dépenses principales et les règles d’indemnisation ;
- Mesurer les délais d’inscription, de transfert, de remplacement et d’examen des contrats et permettre à chaque médecin de suivre l’avancement de son dossier ;
- Déclarer les intérêts et organiser le déport des élus lorsqu’une décision les concerne ;
- Structurer une permanence réellement opérationnelle pour les saisies judiciaires ;
- Améliorer l’instruction des plaintes et soutenir les médecins confrontés à des procédures manifestement abusives ;
- Traiter rapidement les signalements graves et mettre en place la commission pénale prévue par les textes ;
- Rendre compte régulièrement des décisions prises et des réformes portées auprès du Conseil national, des ministères et du législateur.
Notre profession de foi repose sur une idée simple : faire du CDOM un Ordre qui conseille avant de sanctionner, accompagne avant de juger et représente réellement tous les médecins parisiens.
Préserver l’expérience, mais ouvrir l’institution
Le renouvellement ne signifie pas que l’expérience n’aurait plus de valeur.
Mais l’expérience ne doit jamais devenir un droit de propriété sur l’institution.
Nous voulons recueillir les bonnes pratiques, conserver ce qui fonctionne, écouter les salariés et les conseillers expérimentés, tout en introduisant de nouvelles compétences, de nouveaux outils et une nouvelle culture de responsabilité.
La continuité est nécessaire. L’immobilisme ne l’est pas.
Une institution qui ne se referme plus sur elle-même
Le Conseil de l’Ordre n’appartient ni à ses dirigeants, ni à ses élus, ni aux organisations qui soutiennent certaines candidatures.
Il appartient, dans son fonctionnement démocratique, à l’ensemble des médecins qu’il représente et qui le financent.
Nous voulons donc ouvrir davantage l’institution : réunions annuelles de restitution, groupes de travail associant des médecins non élus, consultations sur les grandes orientations et publication d’indicateurs permettant à chacun d’évaluer le travail accompli.
Un médecin ne devrait pas découvrir l’activité du Conseil uniquement lorsqu’il reçoit un appel de cotisation ou une convocation.
Nous ne promettons pas une révolution théâtrale
Nous ne prétendons pas qu’une nouvelle équipe pourra tout modifier en quelques semaines.
Certaines règles sont nationales. Certaines procédures sont inscrites dans la loi. Certaines réformes nécessiteront des négociations longues avec le Conseil national, les administrations et la justice.
Mais nous pouvons immédiatement changer la manière de travailler : mesurer, publier, répondre, expliquer, écouter et rendre compte.
Le choix d’une évolution apaisée mais réelle
Nous ne nous présentons pas contre des personnes.
Nous nous présentons pour une conception différente du Conseil : plus ouverte, plus réactive, plus protectrice et plus transparente.
Il ne s’agit pas de nier le travail accompli par nos prédécesseurs. Il s’agit de reconnaître qu’après la crise traversée, la confiance ne pourra être reconstruite qu’en changeant suffisamment profondément les règles, les pratiques et la culture de l’institution.
Le 23 septembre, les médecins parisiens auront donc le choix entre plusieurs équipes et plusieurs manières d’envisager l’avenir de leur Ordre.
Nous leur proposons celle du renouvellement, de la diversité et des engagements vérifiables.
Changer ne signifie pas tout détruire. Cela signifie conserver ce qui mérite de l’être, corriger ce qui doit l’être et refuser que la crise traversée ne débouche que sur un retour aux habitudes antérieures.
Après une dissolution, reconstruire la confiance est une obligation. La reconstruire ensemble, sans esprit de revanche mais sans renoncer au changement, est notre engagement.
